Thijs Van Werde — Tenir bon sur 350 km, même quand plus personne n’y croit « possible »

Thijs Van Werde — Tenir bon sur 350 km, même quand plus personne n’y croit « possible »

Certaines performances sont si incroyables qu’on ose à peine les raconter, de peur qu’elles paraissent exagérées. Et pourtant : ce que Thijs Van Werde a accompli lors du Legends Trail est exactement ce genre d’histoire. Une histoire que l’on ne peut vraiment comprendre qu’en réalisant tous les défis rencontrés en chemin.

De 100 km à plus de 350 km : un parcours que personne n’avait vu venir

Il y a à peine un an, Thijs parcourait sa première randonnée de 100 km dans le Hageland, suivie d’une course de 80 km dans la région de la Voer. Pour beaucoup, cela représente déjà une finalité, une expérience « une fois dans la vie » nécessitant des semaines de récupération.

Mais pour Thijs, ce fut plutôt un point de départ.

En septembre, il a relevé son premier 200 km à Clervaux, lors de la Great Escape. Il y a décroché une honorable 20ème place—pas comme un coup d’éclat inattendu, mais comme le signe qu’il avait trouvé quelque chose : une combinaison de discipline, de curiosité et une volonté hors du commun de repousser les limites.

Depuis, il a déjà participé à trois courses de 200 km. Une Backyard Ultra, De Bello Gallico… Toujours selon le même schéma : non seulement commencer, mais surtout terminer. Et, en même temps, l’idée grandit qu’il est possible d’aller encore « plus » loin.

Jusqu’à ce pas suivant, logique et en même temps invraisemblable : le Legends Trail.

Le Legends Trail : un type de défi où beaucoup commencent, mais peu terminent

Le Legends Trail n’est pas une course ordinaire. Il s’agit d’un test qui ne se joue pas seulement sur la condition physique, mais aussi sur le caractère. Beaucoup de départs, peu d’arrivées. Un événement où la distance n’est pas le seul obstacle, mais où tout ce que cette distance fait à votre esprit l’est encore plus.

Continuer à courir malgré tous ces kilomètres parcourus
Continuer à courir malgré tous ces kilomètres parcourus

Selon Strava, Thijs a réalisé des chiffres presque incompréhensibles :

  • 363,55 km
  • 12 424 mètres de dénivelé positif
  • 77:47:00 heures en route

C’est presque trois jours à continuer à bouger, à persévérer, à prendre des décisions, à manger et boire, à continuer à fonctionner — alors que le corps proteste depuis longtemps. Tout cela avec 45 minutes de sommeil.

Neige, pluie, gel… et avancer quand même

Ce qui rend cette histoire encore plus extraordinaire : ce n’était pas un « beau » trail avec des conditions idéales. Thijs a eu pratiquement tout le lot sur le chemin :

De l’eau glacée à traverser
De l’eau glacée à traverser

  • neige, pluie et gel
  • traverser des rivières à gué
  • dormir dehors par terre par des températures négatives
  • continuer malgré un corps qui réclame de plus en plus fort d’arrêter
Des conditions météo à en rester bouche bée
Des conditions météo à en rester bouche bée

Et malgré tout, il a franchi la ligne d’arrivée dans le temps imparti.

En tant que famille, pour être honnête, nous pensions cela impossible. Non parce que nous ne croyons pas en lui—mais parce qu’en tant qu’extérieurs, nous jugeons en fonction de la logique, du confort et de « limites normales ». Et Thijs ? Il semble puiser son énergie précisément dans l’idée que les limites sont souvent négociées mentalement.

Pourquoi Thijs fait-il cela : l’histoire derrière les kilomètres

Se concentrer uniquement sur les chiffres, c’est passer à côté de l’essentiel.

Thijs et sa charmante épouse ont dû affronter plusieurs revers. Et quand leur fils Wes est né beaucoup trop tôt, Thijs a pris une décision qui allait changer sa vie : il allait se consacrer pleinement à l’(ultra)endurance.

Non pas pour fuir, mais pour se concentrer. Non pas pour s’échapper, mais pour retrouver une forme de contrôle, de force et de direction.

Il a commencé de façon « classique » : d’abord quelques marathons, accumuler les kilomètres, trouver son rythme. Ensuite est venue l’ultra—étape par étape, plus difficile, plus long, plus profond.

Et presque à chaque fois, il prononce les mêmes mots, simples et puissants :

« Je fais ça pour Wes. »

Cette phrase change tout. Car soudain, 350 km ne sont plus un objectif sportif, mais une promesse. Un moteur intérieur qui continue à tourner lorsque les circonstances deviennent dures, quand la nuit est longue, quand s’arrêter semble si logique.

Seul sur la route et luttant contre les éléments
Seul sur la route et luttant contre les éléments

« Impossible » n’existe pas (ou en tout cas bien moins qu’on ne le pense)

Ce qui me touche surtout, c’est comment Thijs en parle. Il dit lui-même que c’est plus une question de foi, une victoire psychologique qu’une performance purement physique.

Et en même temps : il ne faut surtout pas sous-estimer cette performance physique. Mais la différence réside dans l’ordre.

Pas : je peux le faire physiquement, donc je le crois Mais : je le crois, donc je trouve une façon de tenir physiquement

C’est une leçon immense—surtout pour les entrepreneurs.

Pourquoi cela inspire les entrepreneurs

Entreprendre ressemble parfois à un ultra. Non par les kilomètres, mais par la durée, l’incertitude, et le moment où vous vous dites : « ce n’est pas possible. » Et aller quand même plus loin.

Ce que la performance de Thijs peut vous apprendre :

  1. Commencez avant de vous sentir « prêt » Thijs a commencé il y a un an avec 100 km. Il n’a pas attendu la perfection.
  2. Progressez par étapes, mais restez ambitieux 100 → 200 → plusieurs 200 → 350+. Il a bâti l’extrême avec constance.
  3. Les conditions sont rarement idéales Neige, pluie, gel—et il a continué à avancer. En affaires, c’est pareil : timing, marché, cashflow… rarement « idéal ».
  4. Votre « pourquoi » vous porte plus loin que votre « capacité » Lorsque votre raison d’agir dépasse votre inconfort, vous pouvez aller plus loin que vous ne l’imaginez. Pour Thijs, cela porte un nom : Wes.
  5. Finir est une compétence Beaucoup de gens commencent des projets. Peu les terminent. Finir, ça s’entraîne—comme l’endurance.

Respect, fierté et surtout : merci pour l’inspiration

Thijs a prouvé que « impossible » signifie parfois simplement : nous n’avons pas encore essayé avec le niveau d’engagement nécessaire.

Ce qu’il a fait lors du Legends Trail, ce n’est pas seulement une performance sportive. C’est une histoire d’état d’esprit, de fidélité à son objectif, de continuer quand plus personne ne croit en vous—et peut-être même plus vous-même.

Et c’est pourquoi je veux partager cela. Parce que cela peut toucher les entrepreneurs. Parce que cela montre ce qui devient possible quand on continue à croire, à avancer et à choisir de progresser.

Félicitations, Thijs. Et Wes : ceci est pour toi.

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